Les objets de grève

Dans le cadre de l’exposition « Systematically open ? Nouvelles formes de production de l’image contemporaine » aux Rencontres d’Arles, Walead Beshty, l’une des quatre commissaires, s’intéresse aux modes de diffusion des images depuis l’apparition du medium photographique et leurs impacts sur la production, la reproduction et la réception. Elle présente notamment « Les objets de grève » de l’artiste Jean-Luc Moulène, qui collecte et photographie, depuis les années 1980, des objets produits par des ouvriers en période de conflit.  Lire la suite

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L’affiche publicitaire comme « gîte aux graffitis »

« L’affiche offre le gîte aux graffitis. Le journal tend ses vides au griffonnage. Le texte porte en lui, avant même un quelconque déchiffrage linguistique un déploiement physique qui est « pour l’autre », que le scripteur le veuille ou non. Un tel phénomène ne peut advenir à l’oral. Tout écrit, se forge avec, en sa matérialité même, un appel à collage. Le don d’espace, inconditionnel, structure l’échange, dès avant même que le contenu ne capte l’attention et que la réponse ne vienne éventuellement à s’inscrire. »

 Olivier Fournot, Théorie de la communication et éthique relationnelle, p. 212

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Couloir du métro, ligne 7, station Place d’Italie, mai 2016

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Toilettes et graffitis 3. Bescherelle ton mur

Ce n’est pas parce que les graffitis sont faits dans des toilettes que le Bescherelle doit être mis à la cuvette. C’est tout du moins ce que semble penser une partie des lecteurs-graffeurs. Il est très fréquent de voir des modifications apportées a posteriori sur des graffitis réalisés dans des toilettes. Les différentes couleurs et la variété des outils d’écriture démontrent que ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont rédigé et corrigé les messages, comme on peut le constater sur ces photographies de la faculté de Nanterre, où des messages ont été surlignés en jaune (un « n » en trop dans le mot genoux), et barrés (le « que » à services publics). Lire la suite

Toilettes et graffitis 2. Sciences Po ou la culture du débat

En 2011, le sociologue Denis Colombi, a photographié les graffitis présents dans les toilettes pour homme de la bibliothèque de Sciences Po. Quelques mois plus tard, dans le cadre de mon mémoire de master 1 sur les graffitis politiques dans les toilettes des universités, je me suis rendue sur les lieux pour faire l’état de l’évolution de ces écrits, mais cette fois-ci en y ajoutant les toilettes pour femme. Lire la suite

L’appropriation (symbolique) de la place de la République par Nuit Debout

Pour sa première campagne publicitaire d’envergure en France, Snapchat, l’application de partage de photos et de vidéos, a joué la carte de la sobriété. Sur les 150 affiches diffusées dans les stations de métro et gares d’Ile-de-France, la campagne se décline sur plusieurs visuels, sans que le nom de la marque apparaisse et sans aucun slogan. Si une partie des affiches expose le célèbre fantôme blanc, logo de l’application, les autres, présentant les nouveaux géofiltres disponibles pour la ville de Paris (Pigalle, l’Arc de Triomphe, la place de la République, Bastille, et d’autres), sont uniquement identifiables par leur fond jaune, couleur caractéristique de Snapchat. Lire la suite

Rayer, barrer, biffer, effacer

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Station de métro place d’Italie, 22 mai 2015*

Rayer: marquer d’un trait quelque chose d’écrit pour l’annuler.

Pas d’argument verbalisé, un simple trait bleu. Le texte barré est toujours lisible mais il se retrouve doublé d’un deuxième niveau de lecture, celui de la contestation. La présence du trait impose au lecteur de chercher ce qui, dans le texte, a pu susciter l’opposition. Lire la suite

Napoléon bashing

Du 6 avril au 24 juillet 2016, le musée de l’Armée des Invalides consacre une exposition sur le mobilier de Napoléon à Saint-Hélène. Le visuel de l’exposition affiché dans le métro est très sobre : fond blanc, lignes ondulantes noires, et à l’horizontale le nom de l’empereur, lequel se tenant debout au milieu de la lettre « O ». Rien n’indique a priori le contenu réel de l’exposition, même le sous-titre « La conquête de la mémoire » est assez peu transparent.  C’est la figure napoléonienne qui est mise en avant. L’empereur est dessiné sous des traits aisément reconnaissables du grand public : notamment par deux de ses attributs vestimentaires, un bicorne noir (le « petit chapeau ») et un manteau long _ la posture de la main au gilet n’est cependant pas retenue. Cette affiche a suscité plusieurs réactions de la part des passants. Lire la suite